20 décembre 2006
Les textes qui régissent le statut de Clp
Les textes de lois qui régissent le statut de clp ont été votés une nuit de 1993 par une petite poignée de députés, qui doivent encore en rire aujourd'hui. Ils avaient certainement conscience à l'époque de rendre un service exceptionnel aux patrons de presse, tout au mois sur un plan financier. Mais ils ont aussi institutionnalisé la médiocrité des pages locales, notamment en interdisant de formation les correspondants locaux.
Intégralité des textes
Vous pouvez cliquer ici pour télécharger les textes officiels format pdf.
Quelques morceaux choisis commentés
- Le correspondant local de la presse régionale et départementale est un travailleur indépendant et ne relève pas au titre de cette activité du 16° de l'article L. 311-3 du code de la sécurité sociale ni de l'article L. 761-2 du code du travail.
En clair, le droit du travaille ne s'applique pas aux clp.
- L'activité de correspondant local de presse (CLP) n'est pas une activité professionnelle au sens propre du terme. Elle est habituellement exercée à titre accessoire par rapport à une activité professionnelle principale. L'activité de CLP peut être également exercée par une personne inactive.
Sans commentaire.
- Le clp ne doit pas recevoir de directives de la rédaction du journal à l'exception d'échanges d'éléments d'information (agenda de manifestations locales, indication de la surface disponible,...) ou d'informations techniques non personnalisées (formulaire-type de transmission des articles, limites
impératives pour le bouclage du journal, normes techniques en vigueur, ...)
- Le CLP collecte toute information de proximité relative à une zone géographique déterminée ou à une activité sociale particulière.
- Le CLP gère librement son activité sur l'organisation de laquelle le journal ne peut exercer de contrôle.
- Il ne peut lui être imposé un horaire.
Si le correspondant est réellement maître de son activité à ce point, celà signifie que le journal peut à n'importe quel moment se retrouver avec des pages vides, bâclées ou insipides. Je confirme, c'est possible. Les lecteurs apprécieront.
- L'activité de CLP doit être strictement distinguée de celle de journaliste telle qu'elle est définie à l'article L0721.2 du Code du Travail et visée à l'article L.311.3 16 du Code de la Sécurité Sociale.
- Un CLP peut intervenir sur la même zone géographique ou sur le même secteur d'activité qu'un autre CLP mais ne peut qu'à titre exceptionnel assurer le remplacement d'un journaliste.
Comment ça, un clp peut donc remplacer un journaliste ? Les deux activités auraient donc des points communs ?
Le CLP est exclu de la formation professionnelle organisée par le journal (séminaires, stages,...) Toutefois, il peut recevoir des brochures ou guides qui lui donnent des conseils sur son activité et participer à des réunions d'information organisées par le journal.
Exclu de la formation professionnelle, rien que ça. Encore une fois, les lecteurs apprécieront. Si un clp écrit comme un pied, le secrétaire de rédaction corrigera ses textes. Si un clp écrit bien mais raconte n'importe quoi, combien de temps faudra-t-il au journal ou aux lecteurs pour s'en apercevoir ? Les Clp apprécieront aussi de savoir que clp ils sont rentrés, clp ils resteront. No future, c'est inscrit dans la loi.
- Il ne peut percevoir de primes, mêmes exceptionnelles.
Sympa, non ?
- Le CLP peut toujours rêver de bénéficier de prêts de matériel photographique et de petit matériel bureautique et de facilités de communication (abonnement au téléphone).
- Il en est de même pour le prêt ponctuel d'un véhicule dans le cas où le CLP est dans l'impossibilité d'utiliser son propre véhicule.
Mais bien sûr !
- Le CLP peut, s'il est bien gentil, bien élévé, consensuel, raisonnable et obeissant, bénéficier du service gratuit du journal.
C'est gentil, d'autant plus que pour obtenir ses honoraires, il faut souvent envoyer une "note de frais" avec ses articles sous forme de coupures de presse.
- Le CLP est rémunéré à l'acte (article, lignage, photo, information d'alerte,...) ou éventuellement selon un barème incitatif propre au journal. Il ne doit en aucun cas percevoir une rémunération forfaitaire globale pour son activité.
C'est donc le journal qui fixe - légalement - les prix, alors que l'activité est censée être "indépendante".
Commentaires
Ah! voilà un document qui m'a été difficile à trouver, lorsque j'ai commencé à piquer mes crises! D'autant que nos "employeurs" ne nous ont généralement pas informé correctement à notre embauche! Merci pour cette publication.
On trouve pas mal de choses intéressantes sur le site de la CNT : http://sipm-cnt.org/.
Oui, c'est le site de la Confédération Nationale du Travail... Un syndicat minoritaire, limite anar, et particulièrement offensif! Certainement détesté par le patronnat, d'ailleurs...
Je cite souvent ces textes comme source dans mon blog, moi aussi.
ah la merde...
Moi qui pensait trouver réconfort auprès du Web, tomber sur des milliers de CLP reconnus et chôyés par leur rédaction... Depuis 9 mois que je fais cela, en démarrant par une petite commune 7/7j, on me passe "pilote" de la ville moyenne d'à côté... Avec des petites compensations telles que des articles journalistique non signé pour ma pomme des rdv de 10mn à 30 euros mais je bosse comme une damnée 8/7j... je dis bien 8, je construis ma page et coach un pré-retraité pour des sujets en lui faisantt son emploi du temps...
Quand je parle à des confrères de CDD même pas de CDI ils me disent que c'est le coup de mied au Q qui me guette. Malheur, j'ai 30 ans et j'suis chômeur.
Cruel world!
Eh ouais, c'est un monde cruel et sans pitié. C'est le monde du marche ou crève, en adéquation totale avec notre société actuelle.
C'est moche, mais que faire...